Lors de l’approbation du plan d’actions du PCAET, le 26 juin 2016, j’avais émis des doutes quant à son efficacité réelle pour atteindre les objectifs de la COP 21, à savoir une hausse des T° limitée à +1,5°C, au delà de laquelle l’humanité est fortement menacée.

Depuis, les émissions mondiales de CO2 ont augmenté : + 1,6% en 2017, 2,7% en 2018. L’augmentation des émissions de CO2 nous place sur une trajectoire de réchauffement bien au-delà de 1,5 °C.

L’actualité brûlante, confirme malheureusement mes craintes sur le manque d’ambition du scénario PCAET retenu, loin de contribuer à l’adaptation du territoire au dérèglement climatique et encore moins à l’atténuation du réchauffement.

Un avis partagé par la Mission Régionale d’Autorité Environnementale (MRAE), puisqu’elle indique qu’en matière de réduction des émissions de gaz à effets de serre, la COMPA affiche un niveau d’ambition encore mesuré présentant un écart par rapport aux objectifs régionaux et nationaux, sans compter le développement du territoire qui éloigne plus encore l’objectif de réduction de 20 % de ses émissions de Gaz à Effet de Serre d’ici 2020.

Lors d’un comité de pilotage en 2016, j’avais déploré le manque de précision des données pour évaluer le gain en matière d’émissions de Gaz à Effet de Serre. En effet sauf erreur de ma part, sur les 32 fiches présentées dans le PCAET, seulement 8 actions indiquent l’économie carbone théorique ou estimée en TCO2e pour une réduction insignifiante de 1%. Comme le précise la MRAE, ce manque de données pose une réelle difficulté pour apprécier la pertinence du plan d’actions et doit conduire la collectivité à une réflexion approfondie sur les modalités d’alimentation des indicateurs et des moyens consacrés à la mise en œuvre et au suivi du plan. Un point que j’avais déjà souligné lors du vote du budget en février 2016 regrettant que le plan de recrutements ne prévoyait pas d’animateur pour faire vivre le PCAET.

Autre point soulevé par la MRAE, concerne la nécessité de disposer d’un plan d’actions, aujourd’hui encore trop centré sur les compétences de la collectivité, mobilisant davantage de moyens, de partenaires et acteurs du territoire parties prenantes à un titre ou à un autre. Là encore, le 26 juin 2016, j’avais attiré l’attention sur l’absence de collaboration avec les entreprises locales, alors que la collectivité a tout intérêt à s’appuyer sur les entreprises pour toucher un périmètre d’actions le plus large possible et capitaliser ainsi les actions déjà engagées par les entreprises.

Enfin, la consultation de la population prévue entre le 6 août au 10 septembre 2019 (période de pause estivale et de rentrée) et seulement via le site internet de la COMPA participant ainsi à la fracture numérique (désigné sous le mot illectronisme), n’est pas de nature à faciliter la participation du plus grand nombre. Les conditions de la consultation ainsi proposées interrogent le lien de proximité entre l’intercommunalité et les habitants du territoire.

Pour conclure, il est urgent de réévaluer le niveau de priorité des actions inscrites dans le plan d’actions pour que le pays d’Ancenis devienne à court terme un territoire à énergie positive, scénario non retenu aujourd’hui dans le PCAET. Nous n’avons pas le choix, sans quoi nous n’y arriverons pas !

Rémy ORHON